C’est juste une question d’équilibre

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Le livre est refermé.

Au bout d’une semaine, la fin était oubliée.

Pour comprendre, le mieux est de vivre  un quart de vie avec Stradi.

Un concentré d’émotions sans ajout de flotte, un jus sans édulcorant . Ce serait vraiment moche de glisser des exhausteurs de goût pour améliorer ton ressenti alors que les mots coulent dans ta gorge muette.

Il faut  l’avouer, lors de ces jours de lecture, tourner les pages est devenu un besoin, dès le lever comme d’autres prennent un café, ni trop léger ni trop serré. Une juste dose pour te sentir moins seule dans la différence. Attention,  pas un de ces trucs instantanés qui fond la petite cuillère au chaud, encore moins un truc aseptisé bardé d’alu sans odeur dont seul le nom évoque une Italie sur carte postale.

Non, un filtre, un café de patience, qui fait du bruit goutte à goutte, qui embaume ton coeur. Te voilà avec un nouveau toc, s’en est presque drôle.

Sous les mots de l’auteur, tu vis un rare moment où les non-dits pèsent si peu que tu t’envoles, une scène du « sens de la fête »* rejouée, sauf qu’accrochée à ton ballon t’as vraiment l’air moins con.

Stradi te prend par la main sans aucune réticence. Et comme il a un don ou son auteur, tu sais plus, tu embarques. Tu ne sais pas où, tu ne sais pas quand. Il sème des petits cailloux, des indices au vent auxquels tu donnes forme. Celle qui te convient, même qu’une fois dans ses jeunes années, tu confonds Stradi et le Petit Nicolas.  Grâce à eux, ces petits cailloux, son monde se colore, ce n’est pas une illusion.  Et le monde abrupt et vérolé, celui de dehors, qui existe vraiment, se change en arc en ciel. Te voilà rassurée.

Une invitation sur la piste de danse.  Tu ressors ton mange-disque rouge.

Pourtant, tes pieds restent rivés au sol, c’est ta tête qui butine, qui fait des pas chassés. Si ton corps  dysfonctionne souvent, à ce moment là tu te dis que ce n’est pas important. C’est magique, aucune douleur infligée ni par toi ni par la société.

Lire un roman en chantant ne te fait pas oublier  toute sa profondeur. Ce flow pousse ta barque et bien que tu ne te sentes pas à ton aise avec l’eau, chaque personnage te permet de franchir les écluses, étapes de sa vie-rivière à Stradi.

Et plus tu avances en cette compagnie, moins l’envie de quitter  Lélie, Max et leur amour-ami,  se fait sentir. Tu arrêtes ta lecture, tu sais qu’il te reste quelques pages de poésie. Pas encore, pas tout de suite.

Un funambule sur le sable. Une question d’équilibre : dans un monde d’arômes en chansons, où la magie efface les blessures d’une réalité souvent dérangeante, il suffit juste que tu trouves le tien pour accepter que les bonnes choses ont une fin.

 

Un funambule sur le sable

Gilles Marchand

Aux Forges de Vulcain

Playlist : j’ai emprunté celle de l’auteur

* le sens de la fête

 

 

 

 

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2 réflexions sur “C’est juste une question d’équilibre

  1. Il ne nous resterait plus qu’à se laisser glisser sur le sable, envelopper d’une chaleur rassurante. Et en cette période hivernale, sous le joug d’ un vent frigorifiant, se laisser porter vers une destination moins hostile, quelque littéraire qu’elle soit, c’est tentant….Merci pour la suggestion!

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