Question

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T’en fais quoi toi, de ce truc qui prend toute la place ?

Quand tous les objets résonnent  de ses coups… Un concert de plein fouet, de ces frustrations, murmures devenus fanfare à tout rompre dans mon ventre.

Mon ventre.

Oui c’est là que ça se passe. Lieu infesté.

Cette flamme qui passe du jaune au rouge et me brûle en pourpre.

Les mots plus durs que les actes sont la chorale de ses mouvements dévastateurs. Tectonique émotive, symphonique rage.

Une banale surchauffe, une mise sous tension qui prend les couleurs d’une algarade avec moi-même.

Cette bourrasque en plein écho de tonnerre remue, étripe le besoin irrépressible : briser toute soumission à l’attente.

ça brûle, ça mord et j’enrage d’approfondir les champs de ce naufrage émotionnel.

Je me laisse enlacer par ses bras dévastateurs, vertiges et collusion s’enroulent et m’étouffent sous les anneaux de leur peau reptilienne. Pantin patiné accroché à leurs crocs, incapable d’atteindre l’oeil du cyclone. Ce dernier me regarde et sourit déjà.

J’affronte les murs désolés sous les coups perdus. Briser tout ce qui passe à portée de main. Je veux juste rompre la chaine. Les mailles de métal se dessinent sur ma gorge et m’entrainent. Elles me malmènent. Je suis soumission sans mot.

Le psy serait content de lire ce qu’il n’a pas noté.

« Grosse colère« , petit recueil à couverture brochée. Cette monstruosité rouge incandescent qui sort de ta bouche, tu la reconnais ? Destruction massive en un clin d’oeil.

La dernière fois c’était la porte de l’armoire, il a suffit d’un coup de pied en charentaise. Elle peut être tueuse la charentaise sous ses airs rustiques. L’armoire est l’estropiée de mes assauts.

Pauvre meuble, désormais déclassé, isolé au fin fond du garage, il ne parle plus chiffons mais conserves et pots de confiture, sous l’effet de la honte.

Après c’est le déclin, jamais le déni. Le regard qui survole les mains tremblantes, le sourire malaise en coin, les larmes pour hydrater la sécheresse de la peau maltraitée. Panoplie de pacotille. Quel costume porter après la dévastation ?

C’est con la colère. T’as beau vouloir, elle est plus volontaire que toi.

Briser. Les milles morceaux de toi, éparpillés sur le goudron de ton chemin, celui qui colle les chaudes journées d’été, qui te pique le nez.

Tu voudrais ne plus le faire. Grandir, mûrir, maitriser, bien se comporter, autant de verbes synonymes à conjuguer mais tu ne trouves pas ton Bescherelle.

Un glossaire venimeux, qui distille au goutte à goutte les larmes que tu voudrais salvatrices, le désarroi et la culpabilité, sa complice.

Tu fermes les yeux.

Les paupières lourdes veulent voir, le miroir prend la parole. Tu n’aimes pas toujours ses conclusions de psycho de comptoir, même après un petit verre.

C’est chiant les autres qu’ont souvent raison

 

Grosse Colère, Mireille d’Allancé

Ecole des Loisirs

Playlist : rien, j’étais trop en colère pour entendre quoi que ce soit…
«A hungry man is a angry man»

 

 

 

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4 réflexions sur “Question

  1. la charentaise serait donc une arme de destruction massive…:-)
    j ‘aime bien parfois me laisser envahir par la colère,expulser les gros mots, à la limite de la haine… et puis, très vite, retrouver le calme, vidée de la colère. Réfléchir ensuite sur le pourquoi du comment et ca va mieux!

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